Cahier des tourmentes

Dans une ville endormie, un homme reste cloué à son bureau. C’est l’Auteur. D’un geste nerveux, il met en boule une feuille de papier et la jette. Elle rejoint toutes celles qui sont amassées autour d’une corbeille trop pleine. Devant sa feuille blanche, de désespoir, l’Auteur prend son visage dans ses mains. Soudain, une ombre apparaît, qui lui glisse : « Passe ce manteau, il te guidera vers un lieu où tu trouveras ce que tu cherches tant… des histoires à raconter. » Ainsi commence le voyage de l’Auteur dans Ville-Effroi. Pas à pas, le lecteur va suivre son chemin sinueux et semé d’embûches. Pas à pas, il va partager l’enthousiasme, la lassitude, les doutes et les convictions que chaque créateur traverse nécessairement.Puisant dans l’éternel mythe du séjour en Enfers de tout auteur en quête d’inspiration, Cahier des tourmentes surprend par la spontanéité de son ton et l’honnêteté de son propos. Il est aussi une nouvelle démonstration du talent de David Rubin (Le Héros, Beowulf, Ether…). Inventions graphiques et références littéraires, artistiques et cinématographiques à foison servent une réflexion profonde et poétique sur les mécanismes de la création.
David Rubín est né à Orense (Espagne) en 1977. Après des études à la Escuela de Arte Antonio Faílde, il se consacre à la bande dessinée, à l’animation et à l’illustration. Une de ses premières histoires, Hors d’atteinte (Rackham, 2008), remporte le prix Castelao en 2005. En 2006, son livre El circo del desaliento est nominé au Salon de Barcelone dans la catégorie Auteur révélation. En 2006, il réalise Le Salon de thé de l’ours malais (Rackham, 2011) qui reçoit la même année quatre nominations au Salon de Barcelone (Meilleure œuvre d’auteur espagnol, Meilleur dessin, Meilleur scénario, Auteur révélation) et remporte le prix Auteur révélation. En 2007, le livre reçoit aussi le prix de la Critique espagnole tout en étant finaliste du prestigieux Premio Nacional del Cómic. L’année suivante, son album Cuaderno de tormentas est nominé dans la catégorie Meilleur dessin au Salon de Barcelone. À la même époque, Rubín se consacre aussi à l’animation, assurant la codirection du long-métrage Espíritu del bosque, et à l’illustration, sans pour autant délaisser la bande dessinée : il réalise une adaptation de Roméo et Juliette de Shakespeare et de El monte de las ánimas de Gustavo Adolfo Bécquer. En 2011, il réalise Le Héros, livre 01, (Rackham, 2012) première partie de sa monumentale version du mythe d’Héraclès, suivie en 2012 par la deuxième et dernière partie, Le Héros, livre 02 (Rackham, 2013). En 2013, en collaboration avec le scénariste Santiago García, il réalise Beowulf, publié l’année suivante en France, chez Casterman. En même temps, il collabore avec Paul Pope à deux spin-offs de Battling Boy centrés sur le personnage d’Aurora West, albums publiés aux États-Unis par Dark Horse. En 2015, il dessine La ficción, sur un scénario de Curt Pires, et collabore avec Miguelanxo Prado à Miguel EN Cervantes. El retablo de las maravillas, projet soutenu par l’Acción Cultural Española. Après sa collaboration avec Marcos Prior en 2016 pour Grand hôtel abîme, il travaille avec Matt Kindt et dessine Ether, réalisant à ce jour deux épisodes de cette série, publiée en France par Urban Comics. Parallèlement, il collabore avec le scénariste Jeff Lemire à la réalisation de Sherlock Frankenstein, publié aussi en France par Urban comics.