Buñuel dans le labyrinthe des tortues

par Fermín Solís


Parution en avril 2011
ISBN : 9782878271386
Collection Morgan
Format cm. 17 x 24
Pages : 128
Imprimé en noir et blanc
Broché avec rabats

15,30


Le récit de Fermín Solís s’articule autour du tournage de Terre sans pain, le film documentaire que Luis Buñuel a réalisé en 1932 dans la région de Las Hurdes en Estremadure. Cette œuvre, qui n’est pas forcement la plus connue de Buñuel, est pourtant l”une des plus emblématiques de sa vaste filmographie. En effet, Terre sans pain marque le détachement de Buñuel de « l’orthodoxie » surréaliste et son engagement sur des thèmes plus sociaux ; en filmant la profonde misère des paysans qui habitaient cette région jadis isolée de l’Espagne, il en dramatise la condition et met en scène délibérément les plans les plus crus pour dénoncer ceux qui les ont maintenus pendant des siècles dans le dénuement le plus total. Dans la plus pure tradition surréaliste, il se sert de l’arme du scandale pour alimenter la révolte contre la société bourgeoise. La force des images de Terre sans pain, mais aussi les lieux et les circonstances rocambolesques et souvent obscures de son tournage, ont fourni à Fermín Solís une source d”inspiration et un cadre idéal pour brosser son propre portrait de Buñuel.

Buñuel dans le labyrinthe des tortues s’éloigne très rapidement du registre strictement biographique. Les épisodes du tournage de Terre sans pain imaginés par Solís deviennent autant de points de départ pour construire un personnage de pure fiction, aux facettes multiples et souvent contradictoires qui renvoient toutes au Buñuel réel, à l’auteur de L’âge d’or et de Le chien andalou. Qu’il erre dans la nuit parisienne en discutant de surréalisme et de politique avec son ami Ramón Acín ou qu’il arpente les montagnes arides de Las Hurdes, le Buñuel de Fermín Solís baratine, rêve, réalise. Il est à la fois artiste surréaliste, nonne armée d’un révolver, tueur d’ânes et de chèvres : tel une rivière en crue, il emporte tout sur son passage.Les paysages désolés de Las Hurdes, peuplés par ses habitants hallucinés, sont la scène où s’agite ce personnage fantasque. Pour réaliser ce making of imaginaire, l’auteur a en effet puisé dans le peu de documents existants, a déniché des photographies rares et a eu à effectuer des repérages sur les lieux. Ce travail minutieux constitue la riche toile de fond sur laquelle se projète l’ombre d’un Buñuel bien vivant, crédible, tellement réel,  magnifique dans sa dimension imaginaire et pourtant si près de l’homme et de l’artiste.