Dans l'introduction du livre, l'auteur affirme que Journal d’Oaxaca est le résultat du hasard : celui de se trouver au bon endroit au mauvais moment. Kuper est tiré de sa paisible retraite, à quelques kilomètres à peine du centre ville d'Oaxaca, par les mails alarmistes de ses amis restés aux États-Unis et qui suivent dans la presse américaine le déroulement des événements. Obéissant à son instinct, Kuper se rend sur place – carnet à la main et appareil photo en bandoulière – observe, enquête et dessine les barricades, les charges de la police, le peuple d'Oaxaca en lutte. Ayant constaté que les média ignorent les événements d'Oaxaca, ou en donnent une image approximative et mensongère, il commence à consigner, dans des courriers électroniques agrémentés de ses dessins qu’il envoie régulièrement à ses proches, ses considérations sur les faits qui mettent à feu et à sang la ville mexicaine.
Donnant une version des faits totalement différente de celle colportée par la presse « officielle » et faisant apparaître au grand jour la férocité de la politique répressive du gouvernement mexicain, ses mails feront le tour du monde, relayés par de nombreux sites internet et diffusés par les comités de soutien à la grève.
Cette expérience marque profondément le dessinateur : désormais, il va regarder d'un autre œil la réalité d'Oaxaca, attentif non seulement aux tensions qui traversent la région mais aussi à sa culture, ses habitants et ses paysages. Même après la fin de la révolte et tout au long de son séjour au Mexique (il y restera en tout presque deux ans et il y retournera brièvement en 2009), Kuper continue à dessiner inlassablement ce qui l'entoure, s'attardant sur la beauté d'un visage, d'un paysage ou d'un cactus majestueux, toujours poussé par sa nécessité « d’illustrer les moments obscurs d’Oaxaca et d’en capturer en même temps la lumière ».
En décembre 2010, Kuper retourne à Oaxaca, sur les lieux de la révolte de 2006, et a enrichi son journal d'un dernier chapitre qui met en perspective ses expériences et ses impressions.Dans Journal d'Oaxaca, Peter Kuper est à la fois témoin direct de la lutte d'un peuple pour la justice et la démocratie, et découvreur émerveillé d'une nature éblouissante et d'une civilisation millénaire. Entre reportage et carnet de voyage, Kuper - observateur attentif et chroniqueur engagé du monde contemporain - brosse un portrait original et haut en couleurs de la vie et de la culture mexicaine.
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Peter Kuper Journal d'Oaxaca ISBN 978-2-87827-139-3
En librairie le 16/9/2011 |
